Nous utilisons des cookies pour analyser le traffic avec Google analytics. Vos données personnelles sont anonymisées. J'ai compris
l’Atelier d’Édition Bordematin

Le reniement

Le reniement
{{ product.vat_incl_price|number:"02" }} € TTC

Avril 2021

L’autodérision de l’homo et les « errements de jugeote » d’une sœur qui n’accepte pas son homosexualité. Ponctué par des références à Jean Genet (écrivain homo majeur de la seconde moitié du XXème siècle), un retour sur soi au féminin, regard inhabituel sur les relations entre l’homo et les siens, l’homo et l’autre sexe, l’homo et un monde qui n’en finit pas de le rejeter. Contrepoint discursif au récit, Controverses autour de l’homosexualité masculine tente une remise à plat théorique.

Entre récit et réflexion discursive, dialogues fictifs et souvenance, ce témoignage au féminin livre le vécu d’une sœur d’homo confrontée à ses « errements de jugeote » après la découverte de l’homosexualité de son frère et de la vie de celui-ci, « irrémédiable clandestin » en des années où l’homosexualité est encore très réprimée. « Comment, moi qui me veux ouverte, progressiste, patati patata, ai-je pu rivaliser avec la plus conne des homophobes ? » Au-delà des certitudes, des tabous, de l’hypocrisie, elle tente une réflexion (ponctuée par des références à Jean Genet, écrivain homo majeur à qui elle avait d’abord imaginé d’écrire) sur les relations entre l’homo et les siens, l’homo et l’autre sexe, l’homo et son monde. La narration s’attache aux jours quotidiens comme aux évènements exceptionnels de la vie d’Henri, dans leur unicité comme dans ce qui en eux porte résonance universelle. Elle débouche sur un questionnement mis en scène sous forme de controverses imaginaires entre le frère homo et ses contradicteurs hétéros. Cet écrit devait d’abord s’inscrire dans un projet en trois récits qui devaient dire le deuil : en moins de deux ans, une sœur et deux frères décédés, dans une fratrie de six. « Six marqués d’éternité, c'est ce qu'on croit, enfant : vivants, tant que la mort ne vous a pas touché de près, c'est le seul et unique réel ; pour toujours. La mort ? Vos jeux en sont à peine interrompus. Les disparus ? On ne les verra plus, c'est tout. Si on les imagine – mais les imagine-t-on ? – c’est tels qu'on les a connus. Allongés dans la terre, endormis pour toujours ; ou là-haut, derrière les nuages, qui vous dédient leur présence tutélaire. » Dès le début de la rédaction consacrée à Henri (2011), le plus jeune des trois disparus, le poids de l’homosexualité et de l’homophobie a pris le pas sur la souffrance du deuil et transformé le projet initial.

échos

Béatrice Nodé-Langlois, La critique parisienne.fr, Actualités, mai 2021

Paroles de lecteurs

« J’ai lu ce livre et je l’ai trouvé très fort, puissant… Le langage « peuple », direct, cru, est ici parfaitement en écho avec le contenu. Les charges émotives sont continuellement présentes, une série de bombes, une incroyable cascade de sensations dures et toujours importantes. J’ai pris tout en pleine figure et je n’en croyais pas mes yeux. » (Raphaëlle Pia, 16 mai 2021)

« Je crois que tu as écrit un livre utile....utile pour ceux qui connaissent cet aspect de la vie et en ont souffert. Utile dans ta façon de poser les questions et de les argumenter, utile sur le plan littéraire avec toujours cette recherche minutieuse du terme juste. Utile pour faire connaître Genet que je soupçonne un peu d'être oublié, utile en premier lieu pour faire connaître ton frère. » (Claude A., 2 mai 2021)

Extraits

Exergue

« Chacun son sentier,
ne juge pas le mien.
Je ne juge pas celui des autres. »

Page 15

Avec toi [Henri, avec tes pairs,] je veux crever l’abcès.

Affronter ce temps de calvaire qui fut le vôtre, un temps loin d’être révolu malgré les discours et les mœurs affichées.

Relater la sœur d’homo que j’ai été, car ce sont vécus singuliers que ceux de sœur, mère, épouse d’homo ; non pour battre ma coulpe, mais pour donner à voir et à entendre, comprendre et faire comprendre.

Relater, si tant est que je la connaisse, ta vie d’homo, car l’homosexualité fut au cœur de tes odyssées et de tes désespoirs. Interroger ces faux-semblants, ces contradictions, ces ambivalences qui, par-delà les certitudes proclamées, par-delà les tabous et l’hypocrisie, traversent aujourd’hui comme hier la relation entre l’homo et les siens, l’homo et l’autre sexe, l’homo et un monde qui n’en finit pas de le rejeter.

Pages 75 et 78

Tu mens pour les braves gens de ton enfance.

[…]

Impensable, l’horreur dans leurs yeux découvrant l’anormal.

Impensables, la haine, le mépris. Tes père et mère, depuis la nuit des temps, marqués avec leur fils : immonde lignée qui a produit ce monstre – oui, tu emploies ce mot, dans leur bouche d’accusation.

Peut-être te trompes-tu ? Peut-être ont-ils âme plus accueillante que tu ne crois ? Attachement plus fort que leurs peurs et leurs dogmes ? Ton orgueil peut-être te guide et tes propres limites, incapable de les voir tes égaux ? Ce sont gens que tu aimes et tu ne peux risquer. Jusqu’au bout de ta fuite, tu mens. Dans vos States il fait si bon être gay, vous mentez tous, homos français, italiens, allemands…

Auteur

Monique Romagny-Vial

Monique Romagny-Vial a publié quatre romans ainsi qu’un récit autobiographique. Elle a fait paraître de nombreuses nouvelles en recueils collectifs et en revues. Elle est également l’auteur, seule ou en collaboration, d’ouvrages universitaires, signés Monique Vial, sur les enfants handicapés et les échecs scolaires.